Avec Soliha, un héritage commun, un partenariat solide

À la tête de la Fédération SOLIHA depuis novembre 2025, Olympio Kyprianou-Perrimond revient sur les défis auxquels le réseau doit faire face et souligne la force du partenariat historique avec l’Anah. Interview.

Publié le

Lecture 3 minutes

Partager cette page

Vous avez récemment pris la direction générale de SOLIHA. Quelle est votre vision pour le réseau, dans ce contexte de fortes tensions ?

Je prends la tête d’un réseau solide mais aujourd’hui fragilisé. Comme l’ensemble du secteur de l’économie sociale et solidaire, nous faisons face à une baisse des financements, à laquelle se sont ajoutées les incertitudes autour de MaPrimeRénov’. Fort de cinq années passées à une direction opérationnelle de SOLIHA Provence, je mesure pleinement ces tensions. Ma priorité est de soutenir les associations les plus en difficulté tout en inscrivant notre action dans la durée. Cela suppose de nous appuyer sur nos fondamentaux – rénovation énergétique, adaptation, lutte contre l’habitat indigne, accompagnement social, maîtrise d’ouvrage d’insertion, intermédiation locative et innovation – et sur notre modèle associatif, capable de développer des dispositifs hors cadre pour répondre à des besoins spécifiques. 

Comment qualifierez-vous aujourd’hui le partenariat avec l’Anah ?

Le Mouvement SOLIHA est né il y a plus d’un siècle de la mobilisation citoyenne contre les taudis. Notre plaidoyer a contribué à structurer les politiques publiques à l’origine de la création de l’Anah. Nous avons toujours défendu le renforcement de ses moyens et de ses compétences. L’Agence est un partenaire historique et incontournable. Nos cinq métiers – amélioration de l’habitat, accompagnement des personnes, gestion locative sociale, maîtrise d’ouvrage d’insertion et conduite de projets de territoire – sont tous complémentaires avec les champs d’intervention de l’Anah. 

Quels sont les besoins les plus urgents des ménages ?

Les ménages que nous accompagnons sont d’abord en attente de stabilité et de clarté, car les évolutions récentes sur l’amélioration de l’habitat ont entamé leur confiance. Ils sont aussi massivement exposés aux communications frauduleuses, et ils doivent être mieux protégés. Autre point d’urgence : le reste à charge. Sur le terrain, nous constatons que pour les publics les plus modestes, l’acompte et la part non financée constituent trop souvent un frein, notamment depuis la fin de l’action des caisses de retraite. En 2026, nous lançons, avec notre Fonds de dotation SOLIHA, des « audits solidaires » pour évaluer si une prise en charge de l’acompte par SOLIHA, combinée à des financements, est un levier efficace pour déclencher des travaux.

En quoi la présence territoriale de SOLIHA permet-elle de rendre les politiques publiques plus efficaces et plus humaines ?

Notre réseau composé de 123 associations couvre l’ensemble du territoire, y compris les Outre-mer. Ce principe d’équité territoriale fonde, au même titre que la solidarité, notre singularité. Nous ne nous limitons pas à un rôle de guichet : nous allons aussi chez les ménages et apportons des solutions concrètes en plaçant l’humain au cœur de chaque projet. Cette proximité permet de faire le lien avec toutes les dimensions d’une situation – rénovation énergétique, indignité, adaptation, fonctionnement de la copropriété – et d’apporter un accompagnement complet. Elle rend aussi possible et crédible la remontée des réalités du terrain vers les collectivités locales et au niveau national. 

Sur le même thème