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Quelles sont les priorités de votre feuille de route pour l’année 2026 ?
Le logement est devenu l’une des premières préoccupations des Français. Nous traversons une crise profonde qui touche aussi bien l’accès au logement que son coût, sa qualité ou son adaptation aux grands défis de notre temps. Ma priorité est donc de produire davantage de logements, de rénover plus massivement le parc existant et de mieux accompagner les Français dans leurs parcours résidentiels. C’est tout le sens du projet de loi « Relance Logement » porté avec le Premier ministre. Cette ambition repose sur une conviction simple : la politique du logement doit répondre simultanément aux enjeux de transition écologique, de transition démographique, de cohésion territoriale et de pouvoir d’achat.
Vous avez annoncé un projet de loi « Relance du logement » qui sera prochainement débattu au Parlement. Quelles en sont les principales mesures ?
Notre priorité c’est de bâtir plus vite, bâtir mieux et bâtir pour tous. Nous voulons d’abord relancer la production de logements grâce à des mesures de simplification et à une confiance renouvelée envers les élus locaux. Nous voulons également accélérer la rénovation du parc existant, mobiliser davantage le parc privé et soutenir l’investissement. Le projet de loi comporte aussi un important volet de décentralisation afin de donner davantage de responsabilités aux collectivités en matière d’habitat. Enfin, il prévoit le lancement d’un troisième programme national de rénovation urbaine pour transformer durablement les quartiers et les territoires confrontés au déclassement.
Qu’est-ce que cela implique concrètement pour l’intervention en faveur de l’habitat privé ces prochains mois ?
L’habitat privé est aujourd’hui un levier majeur de notre politique du logement. Rénover un logement existant est souvent le moyen le plus rapide de répondre à la crise du logement tout en limitant l’artificialisation des sols. Depuis 2020, plus de trois millions de logements ont été rénovés grâce aux dispositifs publics. Cela représente des logements plus confortables, moins énergivores et plus adaptés aux besoins de leurs occupants. Au-delà du logement, c’est aussi une politique économique et territoriale. Les aides de l’Anah ont généré plus de 45 milliards d’euros d’activité pour les artisans et les entreprises du bâtiment. C’est une politique qui améliore la vie quotidienne des Français tout en soutenant l’emploi local.
Quels enseignements tirez-vous des résultats de l’Anah en 2025 ?
L’année 2025 a confirmé la montée en puissance de l’Anah. Jamais autant de moyens publics n’avaient été mobilisés en faveur de la rénovation de l’habitat privé. Les résultats sont au rendez-vous avec plus de 350 000 logements rénovés, une progression remarquable des rénovations d’ampleur et un succès confirmé de MaPrimeAdapt’. Ces chiffres montrent que les Français sont prêts à engager des travaux lorsqu’ils sont accompagnés et lorsqu’ils disposent de dispositifs lisibles. Mais 2025 a aussi révélé certaines fragilités, notamment avec les tensions sur les délais, les inquiétudes liées à la fraude ou encore les difficultés rencontrées par certains ménages dans leurs démarches. Nous devons en tirer toutes les conséquences. La proximité et l’accompagnement seront au cœur de notre action.
Quelles priorités avez-vous fixées à l’Anah pour 2026 ?
L’année 2026 doit être celle de la stabilité et de la confiance. Je me suis battu pour préserver les moyens de l’Anah afin qu’elle puisse poursuivre son action avec ambition. Notre priorité sera d’abord de traiter les dossiers en attente afin que les ménages puissent concrétiser leurs projets. Nous devons également renforcer la qualité des rénovations financées et mieux protéger les particuliers contre les tentatives de fraude. C’est dans cet esprit que nous avons décidé de faire des Espaces Conseil France Rénov’ le point d’entrée systématique des parcours de rénovation. L’objectif est simple : mieux accompagner les ménages et garantir des projets de qualité.
Le Premier ministre a annoncé un grand plan d’électrification pour garantir la souveraineté énergétique de la France. Comment cela va-t-il se traduire dans le secteur du logement ?
L’électrification est un enjeu majeur de souveraineté nationale. Elle permet à la fois de réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées, de renforcer notre compétitivité et de maîtriser les dépenses énergétiques des ménages. Dans le logement, cela se traduira notamment par un accompagnement renforcé du remplacement des chaudières au gaz et au fioul par des pompes à chaleur, ainsi que par une mobilisation accrue des aides publiques. Cette transition doit être progressive, réaliste et adaptée aux situations des ménages. Elle constitue un levier puissant pour conjuguer transition écologique, pouvoir d’achat et indépendance énergétique.
Il y a un vrai défi à relever face aux grandes copropriétés fragiles et dégradées. Comment poursuivre les actions dans la durée ?
Les copropriétés dégradées concentrent souvent des difficultés sociales, économiques et urbaines particulièrement complexes. Pendant longtemps, elles ont constitué un angle mort des politiques publiques. Le Plan Initiative Copropriétés a permis de changer d’échelle et de mobiliser des moyens considérables. Aujourd’hui, près de 200 000 logements ont déjà bénéficié d’interventions. Nous devons désormais préparer la suite. J’ai demandé à la direction générale de l’Anah de travailler à l’évolution du dispositif afin de mieux répondre aux besoins des territoires, notamment ceux des petites copropriétés, et d’identifier les adaptations nécessaires pour gagner encore en efficacité.
Comment renforcer la dynamique d’adaptation des logements au vieillissement et à la perte d’autonomie ?
La transition démographique est l’un des grands défis des décennies à venir. D’ici 2050, plus d’un Français sur trois aura plus de 60 ans et la très grande majorité souhaite pouvoir continuer à vivre chez elle. L’adaptation des logements doit devenir un réflexe de prévention. Il ne faut plus attendre les premières difficultés pour engager des travaux. Le succès de MaPrimeAdapt’ montre que cette prise de conscience progresse. Nous devons désormais aller plus loin en rapprochant davantage les politiques du logement, de la santé et de l’autonomie afin de proposer des parcours plus simples et mieux adaptés aux besoins des ménages.