Adapter et rénover : deux chantiers en un en Dordogne

La demande d’Émilie était simple : aménager une douche adaptée pour sa fille en situation de handicap. La visite technique a fait émerger d’autres besoins, sur le chauffage et la ventilation. Les travaux ont été menés de front, avec un financement de l’Anah pour les deux volets.

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Un chantier peut en cacher un autre... Voilà un adage qui pourrait s’appliquer à Émilie Reix, qui vit depuis six ans dans une maison à Coulounieix-Chamiers, un village de l’agglomération de Périgueux, en Dordogne. En 2024, cette mère de deux enfants a bénéficié de travaux qui ont amélioré à la fois le confort de son habitation et celui de sa fille, qui est en situation de handicap. C’est bel et bien par Romane, 18 ans, que tout a commencé, en 2023. L’ergothérapeute qui suit la jeune fille en libéral préconise à sa maman d’adapter la salle de bains familiale : « Romane est très peu autonome, elle a un taux de handicap de 80 %. La toilette était compliquée, pour elle-même comme pour moi et l’aidant que j’emploie. Il fallait enjamber la baignoire, parfois porter Romane. C’était beaucoup de stress », témoigne Émilie. 

Aménager une douche adaptée… mais pas seulement

La solution étant de changer la baignoire en douche, l’ergothérapeute lui conseille de contacter SOLIHA Dordogne, opérateur agréé de l’Anah, pour solliciter une aide financière. L’association traite 600 à 800 dossiers par an sur le territoire, au titre de MaPrimeRénov’ et de MaPrimeAdapt’ notamment. 80 % des habitants de ce département très rural sont éligibles aux aides de l’Agence. « Je n’y avais tout simplement jamais pensé », confie Émilie, qui prend rapidement contact avec SOLIHA.
Simon Péré, technicien chez SOLIHA, a assuré la première visite à domicile. Objectif : évaluer les besoins et les travaux à réaliser. « Le projet était clair, aménager une douche adaptée en remplacement de la baignoire. En revanche, pendant ma visite, j’ai constaté que la VMC de la salle de bains ne fonctionnait plus du tout », explique-t-il. Le technicien décide alors d’affiner son diagnostic en vérifiant les différentes installations. « Les radiateurs électriques, type “grille-pain”, devaient être remplacés. C’est ainsi qu’on a décidé de constituer un dossier énergie en plus du volet adaptation », ajoute Simon Péré. Le dossier d’Émilie a bénéficié d’un traitement par l’Anah plutôt rapide : déposé en octobre, il a été validé en novembre ; les deux chantiers, menés de front, ont suivi en décembre, jusqu’à la fin de l’année.

75 % des travaux financés

Les travaux ont consisté en l’installation d’une pompe à chaleur air/air et d’un système de ventilation plus performant ; côté adaptation, une douche a bien remplacé la baignoire. « SOLIHA m’a chargée de trouver les professionnels et s’est occupée de la partie administrative. Je fournissais des factures, cela a été assez fluide », atteste Émilie. Le plan de financement prévisionnel, établi sur la base des devis, a permis d’évaluer le montant des aides de l’Anah auxquelles elle pouvait prétendre. Finalement, sur les 16 507 € qu’a coûté l’opération (8 400 € pour l’adaptation et 8 100 € pour les travaux énergie), l’Anah a versé près de 10 000 €. Les collectivités ont également contribué, « des aides locales dont je n’avais pas connaissance. C’était très instructif », souligne la maman de Romane. 75 % du montant des travaux ont ainsi été financés.
Émilie Reix mesure depuis les bénéfices obtenus, d’abord pour Romane et ses aidants – « Nous avons gagné en commodité, c’est plus agréable pour elle comme pour nous » –, ensuite en matière de confort général dans la maison. « Les travaux réalisés par Mme Reix à son arrivée (menuiseries et isolation des combles) étaient déjà performants, souligne Simon Péré. L’amélioration du chauffage et de la ventilation, c’est aussi un vrai plus pour les prochaines factures. »

En chiffres

Le détail des aides pour le chantier :
- Anah : 9 955 € pour les deux postes (adaptation et énergie) ;
- Le Grand Périgueux (agglomération) : 769 € + 500 € au titre du bonus éco-responsable, grâce à la pose de robinets à économie d’eau dans la salle de bains ;
- la commune de Coulounieix-Chamiers : 769 €.
Le reste à charge s’est élevé à 4 514 €, soit 27 % du montant total (16 507 €).

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