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C’est avant tout un projet familial. Michel, le propriétaire, se souvient : « Avec mon épouse, nous cherchions un pied-à-terre à Aurillac et nous tenions à ce qu’il soit adapté pour nos vieux jours. Dans le centre-ville historique, un bien était en vente depuis des années : l’ancienne habitation des officiers de la première gendarmerie d’Aurillac et son écurie. Cette bâtisse de la fin du XIXe siècle nous a séduits. Nous avons immédiatement envisagé de transformer l’écurie en un logement de plain-pied pour nous. Mais que faire de cette grande maison attenante ? »
Un projet porté par des valeurs
C’est alors que leur fils architecte entre dans l’aventure. Deux hypothèses de programme sont rapidement envisagées en amont du projet : transformer l’immeuble en logements haut-de-gamme destinés à la revente, ou créer des logements locatifs à loyer conventionné. Pour des raisons personnelles et éthiques, le couple de retraités opte pour la seconde option. Cette orientation est rendue possible par un apport personnel complété d’un emprunt de 200 000 euros. Le projet se trouvant dans le périmètre du dispositif public Action Cœur de Ville, le couple bénéficie d’aides locales et de financements de l’Anah.
Un patrimoine préservé
Quatre logements locatifs sont créés dans l’ancienne maison des officiers : deux T2 en rez-de-chaussée surélevé, et deux T4 aux étages. L’architecture d’origine du bâtiment, dotée de grandes ouvertures sur les quatre façades, garantit une abondance de lumière naturelle. L’immeuble est entièrement isolé par l’intérieur, en fibre de bois pour les murs et en ouate de cellulose dans les combles. La toiture, restaurée en ardoise et terre cuite, et les planchers bois, conservés et améliorés phoniquement, témoignent d’un respect du bâti existant.
À côté, l’ancienne écurie accueille désormais l’habitation du couple, construite en structure bois et prolongée d’une petite extension ouvrant sur un jardin privatif.
Des aménités rares
Au-dessus de cette extension, deux vastes terrasses desservent deux des appartements, leur offrant espace extérieur et belle vue. Simon Teyssou souligne l’importance de ces atouts, « essentiels pour rendre crédibles de tels projets dans des centralités comme Aurillac, qui souffrent souvent d’une mauvaise image en matière d’habitabilité ». L’ajout des terrasses, inhabituel dans le paysage urbain aurillacois, a reçu l’accord des Architectes des Bâtiments de France, conscients de la nécessité de rendre plus désirable le logement collectif à Aurillac.
Les considérations climatiques sont également prises en compte dans ce projet, grâce au jardin abondamment planté entre l’immeuble et la maison. « Il agit comme un îlot de fraîcheur qui profite à tous les habitants ».
Une vision contemporaine de l’urbanisme
Le chantier a été long, marqué par de longues interruptions liées à la crise sanitaire notamment. Mais les logements ont trouvé preneurs avant même l’achèvement des travaux. Ils ont séduit par leur emplacement en plein centre-ville, la proximité des commerces et services, l’abondance de lumière et les grandes terrasses, des atouts rares dans ce type de bien. « Il n’y a eu aucun roulement depuis, signe que les locataires s’y plaisent » observe Simon Teyssou, fier de ce projet « éminemment contemporain ». Selon lui, cette opération est la démonstration qu’une densification démographique qualitative est possible : le site accueille aujourd’hui cinq ménages, contre un seul dans sa configuration précédente. « Ce projet est représentatif de ce que doit être l’avenir de l’urbanisme : des opérations d’acupuncture, par petites touches ! ».