À Château-Thierry, l’habitat se transforme pas à pas

Le 9 juin dernier, la directrice générale de l’Anah, Valérie Mancret-Taylor, s’est rendue à Château-Thierry, à l’invitation du maire Sébastien Eugène. La visite a mis en lumière l’ampleur des défis techniques, sociaux et financiers à relever dans les opérations de revitalisation d’un centre ancien, mais aussi l’intérêt d’une action concertée et coordonnée de tous les acteurs publics.

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Un travail de longue haleine

Au fil de la déambulation dans les rues de Château-Thierry, un constat s’impose : transformer l’habitat dégradé du centre ancien est un travail patient. Dans l’hypercentre, 65 % des logements sont considérés comme inconfortables et à lui seul, le secteur concentre 85 % des logements vacants de la commune. Derrière certaines façades saines en apparence, se cachent parfois des situations bien plus complexes : immeubles fragilisés, cours imbriquées, bâtiments mitoyens qui dépendent les uns des autres, occupants à reloger ou procédures contentieuses : chaque opération révèle son lot de contraintes.
« Les habitants voient parfois une façade ou une cellule commerciale vide sans imaginer tout le travail réalisé à l’intérieur ou les difficultés qu’il faut surmonter avant même le début des travaux », explique Sébastien Eugène, le maire de Château-Thierry. « Les chantiers ont démarré, mais une partie des résultats n’est pas encore visible. » Une réalité particulièrement marquée dans un centre ancien médiéval et que connaît bien la directrice générale de Anah. « L’immobilier, c’est un sujet complexe et c’est du temps long », rappelle Valérie Mancret-Taylor. « Quand on intervient sur l’habitat existant en centre ancien, les contraintes techniques se superposent aux enjeux patrimoniaux, sociaux et juridiques. Mais ce qui est remarquable ici, c’est la volonté sans faille de la collectivité ».  

36 logements réhabilités, 45 autres créés

À Château-Thierry, la municipalité a fait un choix clair : rénover plutôt que construire et s’étendre. Une stratégie engagée depuis plusieurs années et fondée sur la mobilisation simultanée de tous les leviers disponibles. Les dispositifs structurants constituent le socle de cette action : programme Action Cœur de Ville, opération de revitalisation du territoire (ORT), concession de renouvellement urbain confiée à la SEDA ou la mise en place d’une AVAP (Aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine). Lancée en 2016, la concession d’aménagement vise notamment la requalification de plusieurs îlots dégradés du centre-ville et prévoit la réhabilitation de 36 logements ainsi que la création de 45 autres neufs supplémentaires.

À ces outils s’ajoutent les dispositifs incitatifs destinés à accompagner les propriétaires : OPAH-RU (opération programmée de l’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain), aides aux façades ou convention avec Action Logement. Entre 2018 et 2025, une première OPAH-RU a permis l’accompagnement de 54 logements, dont 23 opérations de travaux lourds. Une seconde opération va être lancée cette année jusqu’en 2031. 

Une complémentarité des outils essentielle

Enfin, lorsque les situations l’exigent, la collectivité mobilise des outils coercitifs : opération de restauration immobilière (ORI), astreintes administratives ou encore obligation de ravalement sur certains secteurs. « Nous avons développé toute une boîte à outils pour réhabiliter notre cœur de ville. Aucun dispositif ne suffirait seul. Mais sans l’Anah, il n’y aurait pas d’opération de rénovation à Château-Thierry », reconnait Sébastien Eugène. Pour appuyer cette requalification de l’habitat, enjeu majeur pour l’attractivité et la qualité de vie dans la cité, le soutien financier est en effet essentiel : sur les 700 000 euros d’aides publiques engagées dans le cadre de la première OPAH-RU, un tiers a été apporté par l’Anah.   

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