Rénovation réussie en centres anciens

Sur le territoire rural d’Ambert Livradois Forez (63), une opération programmée a rendu possible la rénovation d’une centaine de logements, dont de nombreux biens vacants ou très dégradés. Porté par une forte volonté politique et un accompagnement de proximité, ce premier programme contribue à redynamiser durablement les centres-bourgs.

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Un territoire rural face à l’urgence de rénover

Avec 58 communes et plus de 2 000 hameaux, la communauté de communes Ambert Livradois Forez est confrontée à un habitat ancien marqué par une forte vacance, deux fois supérieure à la moyenne nationale. Dans ce territoire rural en perte d’attractivité, de nombreux ménages, souvent modestes, ne pouvaient pas assumer seuls des travaux de rénovation. « Nous avions besoin d’un dispositif pour aider les habitants à engager des travaux, tout en redynamisant les centres-bourgs de nos villages », explique Didier Liennart, vice-président de la communauté de communes lors du précédent mandat.
La collectivité a choisi de s’appuyer sur une opération programmée d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain (Opah-RU) pour intervenir sur quatre centres-bourgs. L'opérateur Urbanis a accompagné la démarche depuis l’étude pré-opérationnelle en 2019, puis dans sa mise en œuvre à partir de 2021. « Les enjeux portaient principalement sur la lutte contre la vacance et l’amélioration d’une offre locative majoritairement vétuste », souligne Aline Sahut-Charbonnier, cheffe de projet Urbanis.  

Un accompagnement déterminant

Le succès de l’opération repose sur un important travail d’accompagnement et de mise en confiance. Permanences sur site, visites à domicile et suivi individualisé ont permis de sécuriser les parcours de rénovation et d’aider les ménages à se projeter dans des travaux parfois lourds. Peu à peu, les artisans locaux se sont également mobilisés. D’abord prudents face à des projets de ménages aux ressources modestes, ils ont progressivement adhéré. Plusieurs chantiers se sont enchaînés et la dynamique s’est enclenchée. 
Les propriétaires ont été rassurés par des outils clairs et par un appui technique et financier. C’est le cas de M. Grenier, qui a acquis en 2021 un logement vacant depuis plus de 10 ans, avec l’objectif de le rénover avant de le remettre en location. « Sans l’accompagnement, nous n’aurions pas pensé le projet de la même manière ; nous n’aurions pas choisi les mêmes matériaux ni atteint un tel niveau de performance, » témoigne-t-il. Il a bénéficié de 50% d’aides, grâce aux financements de l’Anah, de la communauté de communes et de la commune de Cunhlat.
En complément des aides incitatives, la collectivité a mobilisé des outils coercitifs pour traiter des situations complexes et bloquées. Deux opérations de restauration immobilière (ORI) ont ciblé les secteurs les plus dégradés d’Ambert et Cunlhat. « De nombreux échanges avec la collectivité ont facilité l’appropriation des outils du renouvellement urbain et les élus n’ont pas hésité à s’en saisir », se réjouit Aline Sahut-Charbonnier. 

Une dynamique enclenchée

Après cinq ans, plus d’une centaine de logements ont été rénovés, dont la moitié étaient vacants. « L’Opah-RU est un outil particulièrement bien calibré pour nos communes ; il offre de la visibilité et permet de passer rapidement du diagnostic à l’action », souligne Léo Baratier, chef de projet Petites Villes de Demain. Selon lui, l’opération a contribué à enrayer la hausse continue de la vacance tout en améliorant l’attractivité résidentielle du territoire. 
Forte de cette première expérience, la communauté de communes prévoit de lancer une deuxième Opah-RU pour cinq ans, avec l’ambition d’étendre cette dynamique à d’autres communes du territoire. 

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