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Préserver la vie dans les villages
En Balagne, l’attractivité touristique et la multiplication des résidences secondaires ont fortement renchéri le coût du foncier. Dans les villages de l’intérieur, une autre réalité s’impose : le vieillissement de la population et la difficulté, pour certains habitants, de continuer à vivre chez eux. Deux enjeux auxquels la Communauté de communes entend répondre par une politique de l’habitat étendue depuis 2022 aux 22 communes du territoire.
« L’une de nos priorités, c’est de réussir à loger la population et de permettre aux personnes les plus fragiles de rester dans leur logement », explique Benjamin Genuini, vice-président de l’intercommunalité chargé de l’habitat. « Cela concerne en priorité les personnes âgées et en situation de handicap pour lesquelles une adaptation du logement est indispensable. »
Pour y parvenir, la collectivité est engagée dans une opération programmée d’amélioration de l’habitat (Opah), avec le soutien de plusieurs partenaires dont l’Anah. Parmi les dispositifs déployés sur le terrain, MaPrimeAdapt’ occupe une place centrale. L’objectif initial de 40 ménages accompagnés a déjà été dépassé, avec 60 bénéficiaires à un an du terme de l’Opah. Chez Antonina Deiana, qui vit avec son époux sur la commune de L’Île-Rousse, la transformation est tangible. Sa salle de bains, devenue difficile et dangereuse à utiliser, a été entièrement adaptée grâce à 17 000 euros de travaux financés à 100 %. « Ça m’a complètement changé la vie. Je sais que je ne vais pas glisser dans la douche », témoigne-t-elle.
Aller au-devant des besoins
Dans cette communauté de communes, notamment ses villages isolés, l’accompagnement de proximité est particulièrement important. Le champ des interventions couvre la rénovation énergétique, la lutte contre l’habitat dégradé et la remise sur le marché de logements à loyers maîtrisés. Depuis 2025, le Pacte territorial France Rénov’ renforce cette démarche d’« aller-vers », en lien avec les services sociaux et d’aide à domicile. « Ce ne sont pas forcément les gens qui en ont le plus besoin qui viennent spontanément chercher de l’aide. Grâce à ces repérages et ces signalements, nous accompagnons des personnes qui, sans cette démarche, seraient restées dans un logement inadapté », constate Florence Pinasco, responsable du service habitat.
Redonner vie aux copropriétés
Dans les rues du centre ancien de L’Île-Rousse, les immeubles témoignent d’un autre défi : réhabiliter un patrimoine parfois très dégradé, tout en remettant de l’ordre dans des copropriétés souvent peu structurées. « Sur les 3 675 logements en copropriété du territoire, la moitié se situe à L’Île-Rousse et seuls 20 % environ sont immatriculés au registre national des copropriétés » précise Florence Pinasco.
Afin de répondre à cette ambition, l’intercommunalité a mis en œuvre un Programme opérationnel de prévention et d’accompagnement des copropriétés (Popac). Avant d’engager les travaux, ce dispositif vient en soutien des copropriétaires pour les aider à se constituer en syndicat, organiser leurs assemblées générales et prendre des décisions collectives.
La visite d’un immeuble du centre historique illustre cette démarche : trois logements laissés à l’abandon ont été transformés en deux T3 et réhabilités dans le respect des préconisations de l'Architecte des bâtiments de France (ABF). « Plusieurs opérations de ce type ont bénéficié jusqu’à 70% de subventions pour des travaux qui pouvaient atteindre un million d’euros », souligne Benjamin Genuini. « Cela change bien sûr le visage de nos centres anciens, mais aussi la vie des propriétaires et des occupants. »