À Mende, vingt ans d’engagement pour réinventer le cœur de ville

Depuis deux décennies, la Communauté de communes Cœur de Lozère mène une politique volontariste pour améliorer l’habitat du centre ancien de Mende. Au fil des ruelles, des façades restaurées et des immeubles en cours de réhabilitation, se dessine une stratégie de long terme portée par les élus locaux en soutien des propriétaires, avec l’appui de l’Anah et de nombreux partenaires du territoire.

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Depuis deux décennies, la Communauté de communes Cœur de Lozère mène une politique volontariste pour améliorer l’habitat du centre ancien de Mende. Au fil des ruelles, des façades restaurées et des immeubles en cours de réhabilitation, se dessine une stratégie de long terme portée par les élus locaux en soutien des propriétaires, avec l’appui de l’Anah et de nombreux partenaires du territoire.

Une transformation déjà bien visible

De la rue de la République à la place Voltera, en passant par l’impasse du Petit Paris, la promenade dans le centre historique révèle un patrimoine retrouvé. Les façades rénovées, les commerces ouverts et les espaces publics réaménagés témoignent des opérations engagées depuis le début des années 2000. Plus loin, quelques immeubles vacants ou dégradés rappellent toutefois que le travail doit encore se poursuivre. 
« Lorsque nous avons lancé les premières opérations, le centre-ville était vétuste et beaucoup de logements n’étaient plus adaptés », se souvient Ginette Brunel, première adjointe en charge de l’urbanisme et du logement. « Les premières réhabilitations ont permis de rénover 85 logements. Elles ont ensuite entraîné une dynamique beaucoup plus large sur les commerces, les espaces publics, les façades et, plus largement, sur l’attractivité du centre-ville. »
Aujourd’hui, la collectivité souhaite franchir une nouvelle étape : lutter contre la vacance, attirer davantage de propriétaires occupants et accompagner les copropriétés, tout en préservant le patrimoine remarquable de la cité.
 

Une stratégie qui s’adapte aux nouveaux enjeux

Cette évolution se retrouve dans plusieurs programmes mis en œuvre avec l’Anah. D’abord centrées sur la lutte contre l’habitat indigne et la valorisation patrimoniale, les opérations intègrent désormais la rénovation énergétique, l’adaptation des logements au vieillissement, la remise sur le marché des logements vacants et, depuis 2025, un accompagnement spécifique des copropriétés.
« Les besoins ont évolué et nos outils aussi », explique Céline Janvier, responsable habitat de la Communauté de communes Cœur de Lozère. « Nous accompagnons aujourd’hui des propriétaires occupants, des bailleurs et des copropriétés. Et lorsque les aides ne suffisent plus, nous pouvons également mobiliser des dispositifs plus coercitifs, comme l’opération de restauration immobilière (ORI), qui a permis de débloquer plusieurs situations et de remettre des logements sur le marché. »
Cette politique repose également sur un partenariat étroit entre la collectivité, l’Anah et de nombreux acteurs du territoire : le Département, Action Logement, la Région, les Architectes des bâtiments de France, le CAUE. Sans oublier l’opérateur Oc’téha, chargé d’accompagner chaque porteur de projet de l’idée initiale jusqu’à l’aboutissement des travaux.

L’accompagnement, une condition de la réussite

Rue Henri-Rivière, la visite se poursuit dans un immeuble entièrement réhabilité. Lucien y a créé deux logements locatifs tout en aménageant son propre appartement au dernier étage. Avant les travaux, le bâtiment était vide et fortement dégradé. Aujourd’hui, les logements, entièrement aux normes, sont déjà occupés.
« On avait déjà des locataires avant la fin des travaux. Sans le soutien et l’accompagnement de la part des différents acteurs, nous ne nous serions probablement pas lancés dans cette opération », confie-t-il. « Sur un montant de travaux d’environ 100 000 euros, nous avons été aidés à hauteur de 60 000 euros. »
Un accompagnement que résume Sandrina Cravero, chargée d’opérations habitat chez Oc’téha : « Nous intervenons depuis l’audit énergétique jusqu’au versement des subventions. Nous aidons les propriétaires à construire leur plan de financement, à rechercher les artisans et à sécuriser toutes les démarches administratives. »
Les résultats illustrent l’effet levier de cette politique partenariale. Lors de la précédente opération programmée de l’amélioration de l’habitat (2020-2024), 20 logements, du studio jusqu’au T3, ont été rénovés, générant plus de 873 000 euros de travaux réalisés majoritairement par des entreprises locales. Plus de 602 000 euros de subventions ont été mobilisés, dont 56 % financés par l’Anah, confirmant le rôle déterminant de son soutien financier dans la revitalisation du centre ancien.

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